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Particuliers — Logement & Location

Régularisation des charges locatives : que faire si votre propriétaire vous réclame un supplément ?

Par Orlex Conseil

Publié le 20 septembre 2026Temps de lecture : environ 11 minutes

Contenu vérifié le 20 septembre 2026

Décompte de charges locatives, contrat de location, calculatrice et clés d'un logement

Vous recevez un courrier de votre propriétaire ou de votre agence immobilière vous réclamant 600 € de régularisation de charges locatives. Pourtant, vous payez déjà des charges chaque mois. Devez-vous obligatoirement régler cette somme ? Pouvez-vous demander des justificatifs ou contester le montant réclamé ?

Une régularisation peut être légitime lorsque les provisions versées sont inférieures aux dépenses récupérables réellement engagées. Mais le propriétaire ne peut pas réclamer n'importe quelle dépense, sans explication ni document.

Voici comment comprendre le calcul, vérifier les charges et la période concernée, demander les justificatifs et réagir si le montant vous paraît injustifié.

Pourquoi votre propriétaire peut-il vous réclamer un supplément de charges ?

Le loyer rémunère la mise à disposition du logement. Les charges locatives, aussi appelées charges récupérables, correspondent à certaines dépenses d'abord payées par le propriétaire, puis remboursées par le locataire : par exemple une partie de l'eau collective, de l'entretien des parties communes ou de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères.

Dans une location vide, les charges sont généralement payées sous forme de provisions mensuelles. Ces sommes sont des avances. Au moins une fois par an, le bailleur compare les provisions encaissées avec les dépenses récupérables réelles. Si les provisions sont insuffisantes, il demande un complément. Si elles sont supérieures aux dépenses, il doit restituer le trop-perçu.

Exemple simple

Vous avez versé 80 € de provisions par mois, soit 960 € sur l'année. Les dépenses récupérables justifiées atteignent 1 140 €. La différence est de 180 €. Sous réserve que les postes soient récupérables, correctement répartis et justifiés, le propriétaire peut réclamer ce complément.

Quelles charges locatives le propriétaire peut-il récupérer ?

Le décret n° 87-713 du 26 août 1987 fixe, dans son champ d'application, la liste des charges récupérables. Cette liste couvre notamment certaines dépenses liées :

  • aux ascenseurs et monte-charge, pour leur fonctionnement et leur entretien courant
  • à l'eau froide, à l'eau chaude et au chauffage collectif
  • à l'entretien courant des parties communes et des espaces extérieurs
  • à certains services dont bénéficie directement le locataire
  • à certaines impositions, notamment la taxe d'enlèvement des ordures ménagères

Toutes les dépenses du propriétaire ou de la copropriété ne deviennent donc pas automatiquement des charges locatives. Les grosses réparations, les frais qui restent à la charge du bailleur ou des travaux non récupérables ne peuvent pas être ajoutés au seul motif qu'ils figurent dans les comptes de l'immeuble.

Pour savoir si vos charges locatives propriétaire-locataire sont correctement réparties, il faut identifier chaque poste et le rapprocher de la liste réglementaire, puis vérifier la clé de répartition utilisée dans l'immeuble.

Le propriétaire doit-il fournir des justificatifs ?

Oui. Pour une régularisation de provisions sur charges, le bailleur doit communiquer au locataire, un mois avant la régularisation, un décompte par nature de charges. Dans un immeuble collectif, il doit également préciser le mode de répartition entre les logements et, le cas échéant, fournir une note d'information sur le calcul du chauffage et de l'eau chaude collectifs.

Les pièces justificatives doivent être tenues à disposition du locataire pendant six mois à compter de l'envoi du décompte. Il peut s'agir, selon les postes, de factures, contrats d'entretien, relevés de consommation, avis de taxe ou décomptes de copropriété.

Vous pouvez demander par écrit le décompte détaillé, la période retenue, les provisions déjà versées, la clé de répartition et les modalités permettant de consulter les pièces. Une demande précise est plus efficace qu'une simple question sur le montant global.

Bon réflexe

Demandez un justificatif des charges locatives avant de conclure que le rappel est exact ou, au contraire, abusif. Un montant élevé peut provenir d'une hausse réelle, d'une provision trop faible, d'une erreur de période ou d'un poste non récupérable.

Encadré pratique

Votre propriétaire vous réclame 800 € de charges supplémentaires : les 4 réflexes à adopter

1

Vérifier les clauses du bail.

2

Demander le décompte et les justificatifs.

3

Vérifier la période concernée.

4

Formaliser une contestation si nécessaire.

Votre propriétaire peut-il réclamer plusieurs années de charges ?

L'article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit en principe un délai de prescription de trois ans pour les actions dérivant d'un bail d'habitation. Le propriétaire peut donc réclamer des loyers ou charges impayés pendant trois ans, y compris après le départ du locataire. Le locataire dispose également, en principe, de trois ans pour demander le remboursement de charges payées en trop.

La formule « régularisation charges locatives 3 ans » ne signifie toutefois pas qu'il suffit de compter trois années civiles au hasard. Le délai court à compter du jour où la personne qui agit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'exercer son droit. La date d'exigibilité de chaque somme, la date de la régularisation et les circonstances du dossier doivent être examinées.

Un rappel de charges locatives portant sur plusieurs exercices n'est donc pas automatiquement valable ni automatiquement prescrit. Il faut vérifier les dates ligne par ligne, ainsi que les éventuels événements susceptibles d'avoir affecté le délai.

Peut-on demander un paiement échelonné ?

Vous pouvez toujours demander un accord amiable pour payer en plusieurs fois, même lorsque la loi ne prévoit pas un échéancier automatique. Le bailleur reste libre d'accepter ou de proposer d'autres modalités.

Une règle particulière existe lorsque la régularisation n'a pas été effectuée avant la fin de l'année civile suivant l'année où les charges sont devenues exigibles. Dans ce cas, l'article 23 permet au locataire, s'il en fait la demande, de payer le montant par douzièmes.

Cet échelonnement sur douze mois ne s'applique donc pas à toute régularisation. Il suppose une régularisation tardive au sens du texte et une demande du locataire. Il ne faut pas le confondre avec la prescription de trois ans.

Location meublée : attention aux charges forfaitaires

Dans une location meublée constituant la résidence principale, le bail doit préciser si les charges sont payées sous forme de provisions avec régularisation ou sous forme de forfait.

Avec des provisions, la régularisation suit les règles de l'article 23 : comparaison avec les dépenses réelles, décompte et justificatifs. Avec un forfait, le montant est fixé au contrat et versé en même temps que le loyer. Il ne peut pas donner lieu à un complément ou à une régularisation ultérieure. Le forfait ne doit pas être manifestement disproportionné au regard des charges récupérables.

Avant de répondre à une demande concernant une location meublée, relisez donc la clause du bail. Des régimes particuliers ou des baux anciens peuvent nécessiter une analyse spécifique.

Comment contester une régularisation de charges locatives ?

Si le montant vous paraît incorrect, avancez méthodiquement :

1. Vérifier le bail

Identifiez le mode de paiement des charges, la nature de la location et les clauses utiles.

2. Demander le décompte détaillé

Comparez les dépenses annoncées avec les provisions déjà versées et contrôlez la période.

3. Examiner les justificatifs

Vérifiez que chaque dépense est récupérable, justifiée et correctement répartie.

4. Contester par écrit

Expliquez précisément les postes contestés, joignez vos éléments et demandez une rectification.

5. Formaliser si nécessaire

En l'absence de réponse, il peut être pertinent de préparer une mise en demeure adaptée.

6. Chercher une issue au litige

La commission départementale de conciliation peut être saisie dans certaines situations. Si le désaccord persiste, le juge des contentieux de la protection peut être compétent.

À savoir

Contester des charges locatives ne dispense pas automatiquement de respecter ses obligations de paiement. Selon les enjeux et l'état du dossier, demandez conseil avant de suspendre ou de retenir une somme de votre propre initiative.

Orlex Conseil peut vous aider à préparer une mise en demeure lorsque cette étape est adaptée à votre situation.

Quels documents conserver en cas de litige ?

Un dossier complet permet de comprendre plus rapidement l'origine de la somme et d'étayer une contestation :

  • le bail et ses éventuels avenants
  • les quittances et appels de loyer
  • les décomptes annuels de charges
  • les justificatifs consultés ou reçus
  • les courriers et courriels échangés avec le bailleur ou l'agence
  • les relevés de compteur utiles
  • les preuves de paiement des provisions et des régularisations

Classez les documents par année et conservez une chronologie des demandes. Cette organisation est particulièrement utile lorsqu'un propriétaire réclame des charges pour plusieurs périodes.

Comment Orlex Conseil peut vous accompagner ?

Orlex Conseil vous accompagne pour mieux comprendre les documents reçus, organiser les pièces de votre dossier, identifier les points à vérifier et préparer vos courriers ou démarches administratives et amiables.

Cet accompagnement s'inscrit dans les limites légales applicables à l'activité d'Orlex Conseil. Il ne remplace pas l'intervention d'un avocat ou d'un autre professionnel réglementé lorsque celle-ci est nécessaire et ne comporte aucune promesse de résultat.

Vous pouvez découvrir notre accompagnement en cas de litige locatif avant de présenter votre situation.

Questions fréquentes sur la régularisation des charges locatives

Un propriétaire peut-il réclamer des charges après trois ans ?

En principe, une dette de charges locatives relevant d'un bail d'habitation se prescrit par trois ans. Le point de départ dépend de la date à laquelle la créance est devenue exigible et des faits permettant d'agir. Une demande portant sur une période ancienne doit donc être examinée précisément.

Peut-on refuser une régularisation de charges locatives ?

Une régularisation justifiée reste en principe due. Vous pouvez toutefois demander le décompte et les justificatifs, puis contester par écrit les postes non récupérables, mal répartis, non justifiés ou prescrits. La contestation ne suspend pas automatiquement vos obligations de paiement.

Le propriétaire doit-il fournir les factures justificatives ?

Pour une régularisation de provisions, le bailleur doit communiquer un décompte par nature de charges et tenir les pièces justificatives à disposition du locataire pendant six mois à compter de l'envoi du décompte. Le locataire peut demander à consulter ces pièces ou à recevoir un récapitulatif détaillé.

Comment savoir si les charges locatives sont trop élevées ?

Comparez les provisions déjà versées avec le total des dépenses récupérables, contrôlez la période et la clé de répartition, puis vérifiez chaque poste à l'aide des justificatifs. Une hausse importante n'est pas, à elle seule, une preuve d'erreur.

Peut-on payer une régularisation de charges en plusieurs fois ?

Vous pouvez toujours proposer un accord amiable. En outre, lorsque la régularisation intervient après la fin de l'année civile suivant l'année où les charges étaient exigibles, le locataire peut demander un paiement par douzièmes, conformément à l'article 23 de la loi du 6 juillet 1989.

Le propriétaire peut-il augmenter les charges sans prévenir ?

Les provisions peuvent être ajustées en fonction des résultats de la précédente régularisation et du budget prévisionnel. Une simple augmentation arbitraire ne suffit pas : le montant demandé doit pouvoir être expliqué et rattaché aux charges récupérables.

Peut-on contester les charges après avoir payé ?

Oui, un paiement n'empêche pas nécessairement une contestation ultérieure. Le locataire dispose en principe de trois ans pour demander la restitution d'un trop-perçu, sous réserve du point de départ applicable et des circonstances du dossier.

Que faire si l'agence immobilière refuse de fournir les justificatifs ?

Adressez une demande écrite et conservez-en la preuve. Si le refus persiste, une mise en demeure, une démarche devant la commission départementale de conciliation ou une saisine du juge des contentieux de la protection peuvent être envisagées selon la situation.

Sources juridiques

Textes et ressources officiels consultés pour vérifier cet article :

Cet article présente des informations générales à la date indiquée et ne remplace pas l'étude individualisée d'une situation. Les règles peuvent varier selon la nature du bail, sa date, le logement et les circonstances du dossier. Orlex Conseil n'est pas un cabinet d'avocats et intervient uniquement dans le cadre des prestations qu'il est légalement autorisé à proposer.

Un désaccord avec votre propriétaire concernant vos charges locatives ?

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